L'avancement du projet de géostockage du CO2

Mai 2022 - Notre territoire voit se développer l’implantation de sondes (le long des chemins ou dans les champs, sur les trottoirs à Nangis et ailleurs) ainsi que le passage d’engins de sondage sur toute les infrastructures routières de la région et ce, sur une surface supérieure à une centaine de km2 autour de Grandpuits. Il s'agit d'approfondir les connaissances sur la nappe du Dogger que le BRGM connaît très bien après les nombreuses études déjà effectuées, en particulier pour les implantations de forages géothermiques dans cette nappe.

Octobre 2022 à juillet 2024 - Notre association participe aux commissions de suivi de sites de Grandpuits-Bailly Carrois. La question du stockage de CO2 est à peine évoquée. En revanche, le BRGM multiplie les réunions publiques avec des chargées de com très sympathiques qui restent floues sur le sujet. Elles précisent que c'est un excellent projet qui ne présente aucun problème ...

19 août 2024 - un article de journal européen (www.observatoiredeleurope.com) nous informe que l'entreprise néerlandaise C-Questra, en partenariat avec la société américaine RepAir Carbon, a déposé un permis à Grandpuits pour injecter dans la nappe 100 000 tonnes de CO2 par an d'ici 2030 puis des mégatonnes d'ici 2035. Le rédacteur Milos Schmidt est catégorique. Nous faisons le tour des maires et de la communauté de communes de la Brie Nangissienne : aucun n'a reçu quoi que ce soit de cette société !

septembre 2024 - publication du rapport de prospective de la CRE : "Le captage et la chaîne de valeur du dioxyde de carbone". Ce texte souligne la nécessité d'assurer la concertation sociale considérée comme essentielle (page 66), on peut d'ailleurs y lire : "la concertation qui donne l'occasion de mettre en débat le principe même du projet, ses alternatives et ses caractéristiques, même si la prise de décision n’en dépend pas nécessairement" (page 39).

18 novembre 2024 - présentation du projet par le BRGM et Géostock, une représentante de C-Questra participe à la réunion. Le projet suivra les procédures ICPE (installations classées protection de l'environnement) habituelles avec enquête publique. Le forage d'injection sera situé dans un carré de 10 km x 10 km centré sur Grandpuits, en dehors du périmètre de protection SEVESO2, des habitations et des forêts. Nous n'avons toujours pas reçu le compte-rendu de cette réunion.

janvier 2025 - Publication par l'ADEME du cahier des charges de l'appel d'offres "Grands projets industriels de décarbonation 2024". Parmi les projets le stockage géologique du CO2 est développé dont les modalités pour obtenir des aides. Document disponible sur le site de l'ADEME

24 février 2025 - Lettre du député Jean-Louis Thiériot au Préfet de Seine-et-Marne demandant des précisions sur le projet.

26 juin 2025 - Adoption d'une motion par la communauté de communes de la Brie Nangissienne s'opposant à l'implantation d'un géostockage de CO2 dans la région : vote à l'unanimité des maires de la communauté de communes.

juin 2025 - publication de la revue municipale de Saint-Ouen en Brie.

mise à jour de juin 2025 Le rapport EVASTOCO2 [1] fournit une estimation des capacités de stockage de CO2 en aquifère salin pour le Bassin parisien : 1 381 millions de tonnes. La question de l'interconnexion des différenst stockages n'est pas évoquée. Lorsque l'on effectue une demande d'autorisation d'exploiter un réacteur chimique ou un réservoir de stockage sous pression, on n'a pas besoin d'estimer sa capacité, il suffit de la communiquer avec les plans correspondants : cette façon de produire des estimations de capacités de stockage conduit à penser que l'on ne maîtrise rien du tout pour des stockages de millions de tonnes d'un gaz toxique sous forte pression. La procédure Installations Classées Protection de l'Environnement est manifestement inadaptée à ce cas précis.

2 juillet 2025 - publication des réponses apportées au public : texte superficiel ne développant ni les risques (éruptions du lac Monoun et du lac Nyos escamotées bien que ce soient des stockages naturels de CO2), ni la pression - la températures - le débit d'injection - le volume total stocké - les polluants injectés tolérés lors de l'injection, ni le matériel de mesure des fuites et son implantation, ni la pollution de l'eau par sa circulation dans la nappe du Dogger, ni les géostockages existants sous des habitations,... Notons au passage les "dizaines de millions de tonnes par site de stockage" nécessaires pour rentabiliser l'opération hors subventions. Avec son implication CCS, "la communauté locale pourrait ressentir de la fierté et bénéficier d'une forme de reconnaissance sociale" : sans doute celle de continuer à servir de déversoir à toutes les pollutions.

2 juillet 2025 - publication d'un questionnaire par un institut de sociologie destiné à sonder la population. Partant d'un constat majoritaire sur le problème des méfaits des émissions de CO2, il évolue progressivement et subrepticement par des questions anodines vers la démonstration que le stockage du CO2 est indispensable. On en déduit qu'il convient même d'être "fier" de disposer d'un tel stockage sous ses pieds, CQFD. C'est du beau travail de manipulation des sondés ! Toutes nos félicitations pour cet exercice de psychologie appliquée. En quoi un tel sondage sera-t-il représentatif de la population ?

juillet 2025 - publication de la revue municipale de Mormant.

juillet 2025 - publication de la revue municipale de Bombon.

août 2025 - de nombreuses communes de Seine-et-Marne se mobilisent contre ce projet de stockage de CO2 en votant les délibérations de leurs conseils municipaux respectifs : Argentières, Bombon, Bouleurs, Champeaux, Chateaubleau, Dammartin sur Tigeaux, Esmans, Fontenailles, Gironville, Grandpuits, Gressy, La Houssaye en Brie, Limoges Fourches, Marolles sur Seine, Montenils, Quiers, Saint-Ouen en Brie, Saint-Siméon, Thoury, Villecerf, Villeneuve le comte, Voisenon.

25 septembre 2025 - Adoption d'une motion par la communauté de communes du Val Briard s'opposant à l'implantation d'un géostockage de CO2 dans la région : vote à l'unanimité des maires de la communauté de communes.

6 octobre 2025 - Adoption d'une motion par la communauté de communes de la Brie des Rivières et Châteaux s'opposant à l'implantation d'un géostockage de CO2 dans la région : vote à l'unanimité des maires de la communauté de communes.

décembre 2025 - publication du projet de stratégie nationale bas-carbone : ce texte développe les moyens de réduire les émissions de carbone par secteurs. Concernant le CCUS (carbon capture utilization storage), il indique qu'à l'horizon 2050, le volume capté atteint environ 21 MtCO2e. Il se répartit en 10 MtCO2e de CCS fossile, 6 MtCO2e de BECCS (production de bioénergie) et 5 MtCO2e de BECCU (production de e-carburants pour l’aviation, le maritime, la pétrochimie et le gaz synthétique)..

30 décembre 2025 - publication d'une consultation du public afin de modifier des articles du code de l'environnement sur la chaîne CCS. Il y est certes question d'éviter de "vérifier l’absence de rentabilité excessive" de la part des acteurs de cette chaîne CCS sans pour autant quantifier numériquement cette rentabilité excessive, ni de rendre publiques les motivations des choix retenus. Voir notre commentaire dans "nos publications".

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